
Plus d'une dizaine d'année après l'envolée de Jagged Little Pill, un album qui lui a valu 7 Grammy et d'innombrables fans dans le monde entier, Alanis Morissette reste non seulement une artiste à la mode mais aussi une chanteuse dont le succès émane de son authenticité et, à part égale, de sa vulnérabilité. Ces deux traits de caractère lui ont permis d'explorer un nouveau terrain pour son dernier opus, Flavors of Entanglement.
Son guide à travers l'univers électronique n'est autre que le producteur britannique Guy Sigsworth (Björk, Imogen Heap), qui a co-écrit et coproduit l'album avec Alanis Morissette. Près de 24 chansons ont été ainsi créées entre Londres et Los Angeles, et au final seules 13 ont été retenues pour former Flavors of Entanglement. Tout en suivant un processus qui ne lui est pas étranger – des chansons qui parlent des moments clés de sa vie – Alanis Morissette a trouvé l'inspiration dans la période de transition amoureuse qu'elle vivait. "J'écris souvent rétrospectivement, mais là, c'était sur le vif. Cet album m'a renforcée pendant mes moments de grande fragilité. Chacune des chansons a été comme une bouée de secours."
Son penchant pour l'éclectisme, que ce soit sur le plan musical, spirituel ou autre, a donné naissance à de nouvelles sonorités et à des styles innovants qui ont été intégrés à son premier album original en studio depuis quatre ans. Percussions orientales et instruments à cordes se marient avec l'électronique dans la piste d'ouverture, "Citizen of the Planet", une vision poétique de sa vie d'un point de vue multinational. Son idée du yin et du yang vue par son être microcosmique perdu dans l'univers macrocosmique qui l'entoure a donné le premier single "Underneath", qui évoque le précepte du Mahatma Gandhi "Vous devez incarner le changement que vous désirez voir dans le monde."
Alors qu'elle fustige le comportement de l'homme dans "Versions of Violence", Alanis Morissette propose une vision plus personnelle des conséquences des délires avec des chansons dures comme "Straitjacket", la magnifique plainte sur un amour perdu "Torch", la déclaration "Moratorium", le va et vient hypnotique de "Tapes", et la touchante "In Praise of the Vulnerable Man". Alanis Morissette évoque la nature souvent cyclique de l'apprentissage dans des pistes comme la pensive et très rock "Not As We", et l'extase de la liberté dans "Giggling Again for No Good Reason" avant de terminer tel un Phénix qui renaît de ses cendres par "Incomplete".
"Aucun autre artiste, homme ou femme, ne peut vous embarquer pour une croisière sentimentale comme Alanis, déclare Guy Sigsworth. Elle seule dégage cette palette de sentiments gigantesques, massifs, dévorants. Elle va jusqu'au bout – un séisme de 10 sur l'échelle de Richter – et on se retrouve à l'épicentre en sa compagnie quand elle met en chanson des univers entiers. Elle peut être rageuse et hostile, en détresse et sentimentalement anéantie, merveilleusement nostalgique, sensuelle, aérienne et autocritique à la fois sur un même album."
Douze ans après sa découverte, Alanis Morissette a grandi et elle est devenue une artiste engagée dans sa créativité et son désir de pousser les autres à se montrer créatifs. "Mon objectif est de consoler les gens des ruptures et faire le lien entre l'aspect humain et divin de la vie. En partageant mes propres expériences, j'espère soutenir les gens dans leur quête personnelle, quel qu'en soit le but, explique-t-elle. Autrement, je n'aurais plus qu'à me contenter de chanter sous la douche et jardiner."


